Immobilier : les taux d’usure attendus en hausse en 2023






20 Décembre 2022

Le secteur des crédits immobiliers est tendu : d’un côté, les banques augmentent les taux pratiqués auprès de leurs clients, de l’autre, le taux d’usure ne suit pas la tendance. Un relâchement est néanmoins attendu dès le 1er janvier 2023, à en croire le gouverneur de la Banque de France.


Les taux des crédits immobiliers en forte hausse en France

Depuis le début de l’année 2022, la hausse des taux des crédits immobiliers pratiqués par les banques s’est accélérée. Elle suit l’augmentation des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne, relevés à plusieurs reprises dans le courant de l’année. Objectif de la BCE ? Tenter d’endiguer l’inflation qui frappe la zone euro et a dépassé les 10% en novembre 2022. Car la BCE vise toujours un taux d’inflation annuel de 2%.

L’augmentation des taux des crédits fait perdre du pouvoir d’achat immobilier aux emprunteurs… mais pas seulement. Certains dossiers sont tout simplement bloqués. Il s’agit de ceux dont le TAEG, soit le taux du crédit comprenant tous les frais, dépasse le taux d’usure. Il est interdit, en France, de prêter de l’argent avec un TAEG supérieur au taux d’usure… et les banques ne peuvent pas faire d’exception.

Un taux d’usure relevé dès début 2023 ?

La situation est d’autant plus compliquée que les taux d’usure ne sont relevés qu’une fois par trimestre, par la Banque de France. Contrairement aux taux de crédit qui, eux, sont librement fixés par les établissements bancaires. Ces derniers augmentent donc beaucoup plus rapidement. Début 2023, certaines banques prévoiraient déjà des taux de plus de 3% pour les crédits, totalement incompatibles avec le taux d’usure actuel de 3,05% (pour un crédit sur 20 ans).

Mais les banques s’attendent à ce que la Banque de France relève les taux d’usure pour le premier trimestre 2023. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, l’a confirmé, dimanche 18 décembre 2022 dans un entretien accordé au Journal du Dimanche. La hausse est prévue, et devrait être « d’ampleur » a-t-il déclaré, sans toutefois donner de détails.